Potimarrons, butternut, pastèques, melons... Nos cultures de courges sur sol vivant

A la Ferme, nous cultivons plusieurs variétés de courges sur sol vivant. Les courges sont presque devenues nos légumes préférés, tant elles sont faciles à cultiver sur sol vivant, nous occupent peu de temps et supportent très bien l’absence d’irrigation. Découvrons ensemble ces cultures généreuses et rentables.

Mais avant, découvrez de belles images d’une de nos planches de potimarrons, ainsi que notre philosophie de l’agro-écologie telle qu’elle est pratiquée sur la ferme.

Nos variétés de courges cultivées en sol vivant

Les courges font partie de la famille des cucurbitacées. A l’intérieur de cette famille, il existe différentes variétés. Lorsqu’on plante trop proches l’une de l’autre des courges issues de la même variété, il y a un fort risque d’hybridation. C’est-à-dire que sous l’action des pollinisateurs, qui passent d’un plan à l’autre pour butiner chargés de pollen, la génétique des légumes se mélange. Ainsi, deux variétés de courgettes plantées à moins d’1 kilomètre de distance l’une de l’autre présentent un risque de se mélanger ! Si l’hybridation ne pose aucun souci pour la consommation des fruits produits par les plants, elle empêche en revanche la conservation de la génétique et de la diversité des semences.

A la Ferme, nous produisons des courges issues de variétés distinctes :

potimarron récolté dans un champ en MSV

Cucurbita Moschata en sol vivant

  • Le butternut, ou “courge musquée”

Cucurbita Maxima en sol vivant

  • Le potimarron. Sur la ferme, nous en cultivons 2 variétés, le potimarron traditionnel orange, et la variété de potimarron Vert d’Okaïdo, au goût doux et sucré, particulièrement fin ! Ce dernier est cultivé sur une parcelle située à 5 kilomètres de la ferme, pour éviter l’hybridation.

Cucurbita Pepo en sol vivant

  • La courgette, jaune ou verte

Citrullus Lanatus

  • La pastèque
  • Parfois, nous cultivons la gigerine (aussi appelée pastèque à confiture)

Cucumis melo

  • Le melon
Kiwano ouvert en deux dans la main avec un couteau

Mais aussi :

Cucumis Metulifer

  • Le Kiwano (parfois appelé melon à cornes ou concombre cornu), un fruit étonnant, à la texture de fruit de la passion, au goût rappelant celui de la banane, du kiwi et du concombre !

Cucurbita Sechium

  • La Chayotte, aussi appelée Chouchou ou Christophine

Les courges cultivées sur bâche et sans irrigation

Cultiver sur sol vivant : une manière de bien nourrir et moins arroser ses courges

La particularité de nos courges est qu’elles poussent sur un sol vivant, c’est-à-dire non travaillé. Nous apportons d’abord une bonne couche de matière organique sur un sol de prairie non fauché (environ 30 centimètres). Cette matière organique est le plus souvent du broyat de bois en cours de décomposition. Cet apport de broyat ligneux (qui contient de la lignine) va se décomposer petit à petit sous l’action des bactéries, des champignons et des vers de terre qui y trouvent leur nourriture, formant un humus riche en nutriments directement assimilables par nos plantes.

La matière organique présente le formidable avantage de stocker l’eau. Plus une terre est riche, plus elle évite le ruissellement des eaux et leur percolation dans les nappes. Ainsi, plus la couche est épaisse, mieux elle conservera l’humidité au plus chaud de l’été, permettant aux racines de nos courges de trouver l’eau nécessaire à leur croissance. Enfin, l’humus issu de la matière décomposée forme une structure de sol particulièrement stable, qui permet la fois la formation d’un système racinaire solide pour nos courges et garantit l’autonomie de nos cultures.

Grâce à cette capacité de rétention, nous n’avons pas besoin d’arroser nos plants de courge, depuis leur semis jusqu’à leur récolte. Les plants trouvent tout seuls l’eau dont ils ont besoin, notamment en construisant un système racinaire profond. Ne pas les abreuver trop régulièrement leur permet de pousser en concentrant un taux de sucre particulièrement élevé. Ainsi, nos courges sont surtout riches en goût !

La culture sur bâche : limiter l’enherbement et l’évaporation

Pour conserver encore mieux l’eau de pluie stockée dans le sol, nous étendons une bâche noire ou bâche tissée par dessus la couche de broyat. La bâche présente plusieurs avantages :

  • Elle évite l’évaporation de l’eau stockée dans le sol sous l’action des rayons du soleil.
  • Elle occulte le sol et permet ainsi à toute la micro-faune et la vie du sol de se développer sereinement, sans être dérangée.
  • Au printemps, grâce à sa couleur qui capte les rayons du soleil, elle permet au sol de se réchauffer plus vite, permettant le repiquage précoce
  • Et surtout, elle évite l’installation des adventices !

Les mauvaises herbes sont la bête noire du maraîcher. Le désherbage pourrait facilement devenir le poste de travail le plus chronophage si nous n’utilisions pas les bâches ! Malgré cela, il arrive que les mauvaises herbes s’installent dans les trous des bâches où nous semons ou repiquons les cultures, et nous devons alors faire un passage d’arrachage manuel, pour éviter qu’elles ne s’implantent durablement et ne viennent concurrencer l’eau et les nutriments pour nos courges !

culture de potimarrons sur bâche en sol vivant

Itinéraire technique (ITK) des courges sur sol vivant

Préparation de la planche de culture : apport de matière organique

Plusieurs mois avant une culture de courges, nous apportons donc une couche importante de broyat de bois, qui se transformera dans le temps en un humus riche en matière organique. Il est aussi possible de coucher ou broyer un engrais vert qui aurait été installé sur la planche précédemment, avant de le couvrir d’une bâche.

Bâchage de la planche de courges

Une fois que le broyat est chargé d’eau (souvent au début de l’hiver, quand l’automne et ses pluies l’ont bien arrosé), nous tendons une bâche noire pré-percée aux espacements adaptés pour une culture de courges : un pied de courge a généralement besoin d’1 m² pour se développer correctement. Les bâches sont agrafées au sol pour tenir tout l’hiver et résister aux intempéries.

Semis ou repiquage des courges

A la mi-mai, dans les trous préalablement percés, la plupart du temps nous semons les graines de courges directement, à plusieurs centimètres de profondeur sous le broyat. Les graines de courges sont grosses, ce qui les rend capables de s’adapter à un environnement encore peu décomposé. Cette stratégie est beaucoup moins gagnante en revanche lorsque les graines sont plus petites, comme avec des cultures de légumes racines (carottes, radis, blettes, betteraves…).
pastèque sur bâche au soleil

Pour aider tout de même nos graines de courges lorsqu’elles sont au début de leur germination, nous ajoutons un peu de compost plus fin dans le trou avant de poser la graine, puis par-dessus. Et l’idéal est qu’une petite pluie vienne arroser la planche 🙂

Pour éviter les dégâts notamment dûs aux limaces et aux rongeurs, vous pouvez semer plusieurs graines dans un même trou, ou revenir semer 3 semaines plus tard en observant ce qui n’a pas germé.

Il est aussi possible de préparer ses plants de courges en godets, en les ayant fait lever dans un environnement plus chaud, comme notre dôme pépinière. Dans ce cas, on vient repiquer les godets directement dans les trous, en ajoutant une poignée de compost, avant de bien tasser.

Récolte des courges

La période de récolte des courges dépend de la variété et de l’altitude à laquelle elles sont cultivées.

Les melons et les pastèques se consomment plutôt en plein été et doivent être cueillis à juste maturité pour que leur taux de sucre, particulièrement élevé avec notre technique de maraîchage sur sol vivant et sous bâche, soit le plus élevé et le plus goûtu. Nous récoltons donc très régulièrement pendant cette période. Certaines pastèques peuvent arriver à maturité jusqu’à mi-octobre !

Les courgettes se ramassent de fin Mai à mi-Octobre. Cette courge particulièrement productive fait donc notre bonheur dans des ratatouilles, des poêlées, des gâteaux… une bonne partie de l’année.

Les potimarrons et les butternuts se récoltent mi-Octobre en Dordogne.

Stockage des courges pour les commercialiser et les consommer en hiver

En automne, lorsque vous avez cueilli vos courges, citrouilles, potimarrons et butternuts, appliquez ces conseils pour garantir leur conservation.

La température idéale de conservation est entre 10 et 15° Celsius, avec une humidité relative de 70-75° : si vous parvenez à leur créer un environnement répondant à ces critères, vous avez tout gagné !

Veillez à ce que l’air puisse bien circuler, éviter de les disposer directement au sol mieux vaut les poser sur une planche en bois, ou mieux encore sur 2 lamelles ou tasseaux de bois pour que l’air y circule mieux.

Méfiez-vous surtout des rongeurs, ils sont comme irrésistiblement attirés par les graines de courges, un met de choix pour mulots, surmulots et autres souris ! Une fois la courge attaquée, elle ne tardera pas à pourrir et à dégager une odeur putride.

caisses en bois remplies de potimarrons et empilées

A l’intérieur de votre cuisine, vous pouvez les stocker en hauteur, au dessus d’un meuble par exemple, afin de les surveiller chaque jour du coin de l’oeil. Au moindre signe de pourrissement, il est temps de les cuisiner !

L’itinéraire potimarron sur sol vivant en vidéo !

Le potimarron et la courge musquée, cultivés en MSV, au moment de la récolte, ça donne quoi ?
Aperçu de nos rendements et de nos expériences sur planches garnies de matières organiques.

L’itinéraire Butternut sur sol vivant en vidéo !