Pourquoi produire ses graines bio ?

Produire ses semences chez soi est presque autant un acte militant qu’une action économique et productive ! Il existe de nombreuses raisons pour produire ses propres graines de légumes bio. A la Ferme de Cagnolle, nous produisons nous-mêmes la quasi-totalité des graines que nous utilisons pour produire les plants de légumes qui poussent dans nos champs.  Découvrez pourquoi nous avons fait ce choix.

Vers l’autonomie du maraîcher : pas de dépendance envers les “grands semenciers”

La première raison qui nous pousse à conserver et produire nos semences bio consiste à obtenir notre indépendance vis-à-vis des semenciers, afin d’éviter d’utiliser les fameuses « Graines F1 ».

tournesol dans un champ

Quels avantages et inconvénients des graines F1 ?

Le métier des semenciers est de croiser, créer, sélectionner, multiplier des variétés de plantes. Les graines F1 possèdent leurs avantages comme leurs désavantages.

Les avantages : dans la même veine que les OGM (organismes génétiquement modifiés), les graines F1 ont été créées pour répondre à un critère bien spécifique, comme par exemple pour produire plus sur le court terme en accélérant la précocité de la mise à fruit d’une variété d’aubergine.

Les inconvénients : contrairement aux semences paysannes, les hybrides F1 ne sont pas stables de génération en génération, il vous faudra donc retourner au magasin racheter les mêmes sachets de graines tous les ans !

Autre inconvénient : les graines F1 ne sont pas toujours des plantes aux récoltes miracles. Si bien souvent le potentiel de production des graines F1 est accru, celui-ci ne pourra s’exprimer entièrement que si la plante est mise en conditions de culture idéales. Ce qui est par exemple le cas d’une culture maraîchère professionnelle sous serre (où l’on va devoir maîtriser le maximum de paramètres comme l’arrosage, la fertilisation, l’enherbement, les températures, ainsi que d’éventuelles maladies ou ravageurs) mais pas forcément dans le jardin de particuliers.
Enfin, la sélection sur le critère de la productivité peut se faire au dépend d’autres critères comme par exemple la résistance à la sécheresse !

graines de courges produites à la ferme

Faire ses graines bio, c’est aussi préserver un savoir-faire ancestral

Savoir récolter ses graines est un acte vertueux et ancestral en pratique depuis 12 000 ans. Nos grands-parents encore le faisaient. Mais aujourd’hui la plupart des jardiniers en herbe ont le réflexe de tout racheter comme s’il partait de zéro chaque année, faute d’avoir le réflexe ou le savoir-faire de récupérer leurs propres graines.

4 principales raisons pour récolter à nouveau nos graines aujourd’hui

1) Gagner en autonomie

Votre potager regorge d’abondance en l’état. Il suffit d’apprendre à récolter vos graines pour les réutiliser l’année suivante, si vous comptez cultiver les mêmes espèces !

2) Préserver vos trouvailles

Dans votre jardin se trouvent des graines que vous avez semées, et d’autres qui n’ont rien à voir avec votre action ! (par exemple le vent ou la faune locale les ont transportées jusque chez vous). On appelle généralement ces plantes des adventices.

3) Lutter à votre échelle contre la privatisation du vivant…

… à travers les brevets type Graine F1 et OGM comme nous l’avons présenté auparavant.

4) Faire votre propre travail de sélection

Obtenez en quelques années la MEILLEURE graine possible pour VOTRE terrain. Par sélection naturelle nous entendons la main de l’homme qui sélectionne les graines des meilleures plantes d’un jardin. Par exemple, le seul pied de tomate qui aura survécu au gel dans votre jardin, ou encore une tomate particulièrement succulente que vous souhaitez conserver pour planter l’an prochain.

Ce point est vraiment important car la meilleure des graines que vous pouvez avoir est une graine 100% adaptée à votre jardin, à vos conditions. C’est pourquoi il est très intéressant de faire la récolte et la sélection de vos graines sur plusieurs années.

graines de haricots de la ferme de Cagnolle

Le saviez-vous ? Connaissances théoriques au sujet des graines bio

Mais qu’est-ce qu’une graine au juste ?

C’est un ovule fécondé en dormance. « En dormance », car il va attendre patiemment que les conditions de germination requises adviennent afin de se mettre à se développer.

Combien de temps peut-on garder des graines ?

La durée germinative maximale c’est le nombre d’années que l’on va pouvoir garder nos graines dans notre placard, celle-ci varie entre 2 et 10 ans en fonction de chaque espèce de plante.

 

Qui féconde quoi ?

Si l’ovule est fécondé par le pollen d’une même fleur on parle de fécondation autogame. Au jardin les plantes autogames sont : les tomates, les poivrons, les aubergines, les laitues, les pois, les haricots et les fèves.

Si l’ovule est fécondé par le pollen d’une autre fleur, on parle alors de fécondation allogame. Au jardin les plantes allogames ce sont toutes celle qui ne sont pas autogames, soit : les courgettes, les courges, les betteraves, les poireaux, les carottes, les melons, les concombres, les potimarrons etc.

Il est très important de savoir quelles sont les plantes autogames qui s’auto-fécondent et qui vont ainsi maintenir leur patrimoine génétique, contrairement aux plantes allogames qui vont être sujettes à l’hybridation. On parle d’hybridation, dans le cas où la plante sur laquelle nous avons prélevé des graines, ne va pas reproduire le patrimoine génétique représentatif de sa variété.  Le patrimoine génétique de la graine sera le croisement qu’une partie des gènes de la variété de la plante qui a porté l’ovule, ainsi que d’une partie des gènes de la variété de la plante dont le pollen a servi à féconder l’ovule.

Toutefois, dans la nature chaque règle a ses exceptions et l’autogamie n’est pas absolue. Il arrive parfois que ce soit le pollen d’une autre fleur qui arrive à accéder à l’ovule de la plante « autogame », il y a alors hybridation.

Dans la nature, le pollen est transporté soit par le vent, soit par les insectes. C’est ainsi que les fécondations ont lieu pour les plantes allogames.
Si en tant que jardinier, nous souhaitons réaliser un croisement précis ou par exemple nous assurer que la courgette jaune sur laquelle on va prélever les graines va donner des courgettes jaunes à l’identique l’année suivante, il va falloir jouer de subterfuges pour biaiser les mécanismes naturels de pollinisation.